Conte philosophique ET planches graphiques sur l'hermetisme par Valère Prosperi,

en serigraphie par Les Mains Sales de Charente. 

Préface par J.F. Lecompte : Le genre littéraire du conte philosophique est aujourd’hui tombé dans l’oubli. Il suffit pour le regretter de se replonger dans les merveilleux textes de Goethe (Le Serpent Vert) ou de Louis-Claude de Saint Martin (Le Crocodile). On ne peut donc que se réjouir de voir que la vieille souche est encore aujourd’hui capable de produire des surgeons. Le document que nous livre Valère Prosperi va toutefois plus loin que la transmission d’un texte. Sa maîtrise des arts graphiques ajoute au contenu littéraire une série de planches d’illustrations qui ouvrent l’esprit du lecteur au monde intime de l’imaginaire personnel. Valère est tout sauf un dogmatique. Il offre avec générosité le fruit de ses recherches en prenant grand soin d’inciter le lecteur à y puiser sa propre réalité. Il a réalisé pour cela un remarquable travail de présentation pédagogique, aussi bien dans la partie textuelle que dans les illustrations. Je ne saurais trop inviter les lecteurs à s’immerger dans les images et à y laisser vagabonder leur esprit. Cet exercice, que les orientaux pratiquent volontiers dans la contemplation des mandalas, n’est pas familier de ce côté-ci de l’Oural. Il est pourtant d’une féconde utilité et il est source de progression joyeuse.

La promenade à laquelle VP nous convie nous entraîne de l’aube de l’humanité à l’époque contemporaine, en relevant les étapes les plus significatives qui furent franchies pour constituer ce qu’on appelle « La Tradition ». La question de savoir si cette tradition est de nature ésotérique, hermétique, initiatique, alchimique ou encore kabbalistique n’a que peu d’importance. Ce qui compte c’est  qu’elle serve de socle à l’élévation spirituelle de l’Homme contemporain, et de grâce, laissons lui la liberté de choisir sa voie ou d’en changer si besoin. Il y a douze portes pour entrer dans la Jérusalem céleste selon Jean l’auteur de l’Apocalypse. Il en existe cinq disait Pierre Piobb pour accéder, plus modestement, au temple de la haute science. Autant que de pétales sur la fleur de l’églantier, qui est la rose première, la pierre brute du temple de la beauté.

Un personnage émerge fortement de ce texte : celui de Cagliostro. Je l’y ai retrouvé avec plaisir, étant habitué à ce qu’il croise ma route. Rien d’étonnant à ce que l’auteur, napolitain lui aussi, ait subi la fascination que ce mage propage depuis plus de deux siècles. Fils d’un libraire, élève d’un moine herboriste et gendre d’un fondeur de métaux, Cagliostro est une figure de synthèse du progrès humain. Il est aussi l’homme d’une générosité active, qui n’hésitait pas à dépouiller les nantis pour soutenir les plus pauvres. Son exemple est d’une criante actualité.

Notre monde est secoué de convulsions. L’inégalité et l’injustice deviennent clairement l’ennemi et le Diable a laissé tomber son masque. Les combattants qui s’éveillent ici et là n’ont pas d’ambition personnelle, ils veulent juste servir un monde plus juste, plus fraternel. « Pas pour nous Seigneur » était la devise des templiers. Lors de sa réception dans l’Ordre, on donnait au nouveau frère cet avertissement « c’est une rude chose, monsieur, que de se faire l’esclave d’autrui ». C’est sans doute l’Amour qui libérera le monde, mais l’Amour est aussi un esclavage, celui du don de soi aux autres. Sachons nous en souvenir.

La « Rose Philosophique » de Valère Prosperi illustre merveilleusement cette mutation qui s’opère selon les règles immémoriales des transmutations chimiques. C’est un livre à méditer.

 

(Tarif hors frais de livraison)

coffret livre et planches

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